Les Britanniques dominaient les mers et furent les premiers à mettre en œuvre une révolution industrielle qui leur donnait un avantage considérable et rendait l’esclavage obsolète. Ils firent donc une très forte pression sur les autres puissances pour que les barrières douanières soient abattues et l’esclavage aboli. Cela entraîna une grande misère des prolétaires dans les centres de production.
Au cours du XIXe siècle les autres nations occidentales s’industrialisent, d’où une compétition acharnée pour les ressources et les marchés. Par exemple, les industries textiles, chimiques et métallurgiques allemandes avaient, en 1870 déjà, surpassé celles du Royaume-Uni par leur organisation et leur efficacité technique. Tandis que les exportations invisibles (banque, assurance et services de transport) maintenaient le Royaume Uni à un statut conséquence, sa part du commerce mondiale était passée du quart en 1880 à un sixième en 1913, notamment avec les pays moins développés. Les améliorations techniques dopèrent les possibilités de produire et de diffuser, ce qui renforça l’intérêt pour un empire conçu comme un marché exclusif et un moyen de se fournir à bas coûts les matières premières. L’Allemagne abandonna officiellement le libre-échange en 1879, la France en 1881, et bien que n’y renonçant officiellement qu’en 1932, le Royaume-Uni avait déjà depuis longtemps appliqué une politique qui mena aux raidissements et aux guerres.
Après le premier conflit mondial, une nouvelle extension eut lieu au Moyen-Orient sur des régions qui appartenaient à l’Empire ottoman et en Afrique, sur ceux qui étaient de celui d’Allemagne. Mais la Grande Guerre avait ruiné le Royaume-Uni, financièrement et humainement et l’empêchait de maintenir un si vaste empire. Le déséquilibre de traitement entre les diverses catégories de ces habitants devenait impossible à contenir. La fierté nationaliste et la volonté des élites locales d’avoir plus de pouvoir augmentaient la tension.
La difficulté d’obtenir l’appui des dominions lors d’une opération militaire contre la Turquie en le statut de Westminster de 1931. Désormais, le lien de subordination à la couronne britannique par un gouverneur général irait en s’atténuant et les dominions auraient leurs ambassadeurs et une politique totalement séparée. Le Canada ouvrit une mission diplomatique aux États-Unis en 1927 et l’Australie en 1940 dont la demande deux ans plus tard du retrait des troupes sous commandement britannique en Birmanie est le signe que l’intérêt national l’emportait sur celui de l’empire.
Jusqu’à la fin de la seconde Guerre Mondiale, les grandes puissances occidentales continuent à dominer de manière physique, c’est à dire par leur présence effective dans les colonies, leur empire. Ainsi, la Grande-Bretagne crée en 1931, le Commonwealth, une organisation regroupant toutes les colonies britanniques y compris celles qui sont devenus indépendantes politiquement, telles que l’Australie, le Canada ou la Nouvelle-Zélande.
Il tire ses origines des Conférences Impériales de la fin des années 1920 (notons que conférences de premiers ministres britanniques et coloniaux se sont tenues périodiquement depuis 1887) où l’indépendance et la souveraineté des colonies furent reconnue et finalement entérinées par le statut de Westminster de 1931. Le Commonwealth fut établie comme une association de pays libres et égaux, dont l’adhésion reposait sur une allégeance commune à la couronne britannique.
Cette organisation géante qui regroupe 510 millions d’habitants en 1939, a pour fonction d’assurer à la métropole britannique une prépondérance dans les rapports commerciaux des pays membres. La Grande-Bretagne est le premier partenaire économique, commercial et financier de ces pays. Le Commonwealth s’appuie donc sur l’originalité de son organisation. Ses pays membres sont en effet unis par leurs intérêts communs, mais conservent leur autonomie. Ils ne sont liés par aucun traité et jouissent de neutralité lorsqu’un conflit engage un ou plusieurs d’entre eux.
Par ailleurs, le Commonwealth a joué un rôle important pour le progrès social et économique de ses membres. Le Fonds du Commonwealth pour la coopération technique a, par exemple, soutenu les efforts des pays membres en développement afin d’accélérer le rythme de leur croissance économique. L’association des pays du Commonwealth crée aussi des programmes de solidarité et de coopération internationale pour aider les petits États membres.
En conclusion, le capitalisme fût pour l’empire britannique un instrument justifiant son extension en prenant appui sur les territoires colonisés dont il allait exploiter les ressources pour gonfler son économie et accumuler toujours plus de richesses. L’empire britannique créait ainsi la jonction entre le capitalisme et l’impérialisme sous couvert de colonialisme.
Le colonialisme entraînant l’exportation du modèle capitaliste dans les territoires colonisés ; ceci grâce à l’implantation de structures économiques et politiques, outils de la propension capitaliste. De plus, l’impérialisme permet aux puissances européennes de poursuivent leurs rivalités outre mer. Ainsi, en adoptant une politique concurrentielle d’expansion politique, les pays colonisateurs, et notamment le Royaume-Uni, ont prolongé le principe commercial de concurrence capitaliste.
Mais la Première Guerre mondiale et l’émergence d’une concurrence capitaliste accrue entre les pays européens ont participé au déclin progressif de l’Empire britannique. Effectivement, demeurer une grande puissance à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ne pouvait plus être dissocié des capacités industrielles. L’enjeu économique prend dans l’expansion coloniale un caractère exacerbé de concurrence entre nations.
Ce déclin britannique s’est poursuivit jusqu’à la Seconde guerre mondiale et la décolonisation. Mais, si l’Empire britannique n’existe plus à proprement parler, il convient néanmoins de noter que l’Angleterre garde une certaine influence sur ces anciennes colonies et ce par le biais du Commonwealth. Et, si l’impérialisme européen est mort, le capitalisme lui a survécu, ce qui fait que le Royaume-Uni reste encore aujourd’hui une puissance importante.
