Les lycéens reprennent le chemin de l’école ; celui de la manifestation aussi. Il est toujours étonnant d’observer que les jeunes partagent à ce point les convictions gauchistes du corps enseignant. Ils se battent en effet contre les suppressions de postes. Et ils s’opposent aux nouveaux programmes, jugés « réactionnaires. » De mon point de vue, la réaction à vingt ans de vide cérébral, à vingt ans de décadence et à vingt ans de grand n’importe quoi, est plutôt une excellente nouvelle. Pour l’instant, M. Darcos résiste aux pressions lycéennes et professorales. Félicitations !
En attendant ce retour à la culture et à la tradition, je vous propose l’analyse de Louis Pauwels, le grand éditorialiste du Figaro (années 80), qui, il y a quelques années, attaquait déjà avec brio la subculture estudiantine, appelée « Sida mental. » De nos jours, il suffirait de changer quelques mots, de remplacer quelques noms et son diagnostic serait encore d’actualité, jugez plutôt :
Il y a cependant de l’authentique dans ce qui pousse étudiants et lycéens à manifester. On ne s’est pas assez avisé de la dégradation de notre environnement culturel dans les années 1980. Ces jeunes avaient entre 8 et 14 ans en 1981. Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats de Coluche et Renaud nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de “touche pas à mon pote”, et, somme toute, les produits de la culture Lang.
Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part. Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc., les hérisse. Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de mœurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire.
C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore. Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse ? Certainement pas. N’ayant pas a courtiser les minus, osons dire que c’est la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre.
