Le gouvernement prétend que « l’État est en faillite », ce que est absurde : le passif de l’État n’est en effet pas identique aux comptes d’une entreprise ou d’un particulier. Ce sont des investissements (recherche, éducation, etc.), donc la rhétorique néolibérale, qui parle de 18 000 euros de dette par tête de nouveaux-nés, est complètement ridicule et malhonnête. De même, la dette de l’État n’est pas la dette des Français : les impôts ne sont pas l’unique moyen de rembourser la dette ; l’État peut en effet prélever les entreprises, taxer les transactions financières, etc.
D’après les médias, la dette serait de 1 200 milliards d’euros, atteignant 64 % du PIB, ce qui est supérieur au seuil fixé par le Traité de Maastricht, en 1992. Bref, ces chiffres montrent que la France tient le choc face aux États-Unis et à l’Allemagne, dont la dette tourne autour de 65 % du PIB. Mieux, elle est très loin du Japon, endetté à hauteur de 160%, ou de l’Italie (104%). Ces chiffres sont très sérieux, car ils ont été transmis par l’INSEE ; puis relayés par l’OCDE. L’endettement de la France se situe donc au-dessous des pays de la zone euro.
Or, ces chiffres ne prennent en compte que la dette publique brute, car la dette nette, à savoir la dette brute moins les actifs financiers (actions, obligations, etc.) des administrations publiques (CNRS, Université, etc.), équivaut à 38 % du PIB, donc 685 milliards d’euros. La différence reste ici négative, mais la dette publique nette est divisé par deux.
Au total, l’Etat dispose donc d’actifs financiers qui s’élèvent à environ 700 milliards d’euros. Il est en effet propriétaire ou actionnaire de diverses entreprises, comme EDF, Areva, Renault, EADS, etc. Il répond aussi à des besoins de financements, d’où un passif de la dette publique brute. De plus, les actifs non-financiers, c’est-à-dire les terrains, les bâtiments, infrastructures, etc., s’élèvent à 1 400 milliards d’euros.
Le secteur public (administrations publiques, collectivités locales, entreprises détenues à 51 % par l’État, etc.) est donc en situation d’actif net positif : la différence – positive – représente 38 % du PIB (560 milliards d’euros). Avec cette méthode de calcul, les nouveaux-né voient le jour avec 11 000 euros par tête.
