Bernard Kouchner a théorisé le droit d’ingérence. Et les ONG défendent les droits-de-l’hommisme. C’est très beau, très noble… et à l’opposé du droit international. Les pays sont en effet des États souverains. Les bien-pensants du Nord n’ont pas à imposer leur vérité. C’est du néo-colonialisme. L’article 2.7 de la Charte des Nations-unies assure qu’ « aucune disposition de la présente charte n’autorise les Nations-unies à intervenir dans les affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d’un État. »
Les pays du Nord ont hélas oublié leurs principes. Ils ont séparé unilatéralement le Kosovo de la Serbie. Et le parlement kosovar (soutenu par les États-Unis) a proclamé illégalement l’indépendance du territoire. C’est une violation évidente de la résolution 1244 des Nations-Unies qui affirmait l’intégrité de la République fédérale de Yougoslavie (le Kosovo a été annexé à la Serbie en 1918).
Les ONG, elles, ne sont pas reconnues par le droit international. Ce sont des organismes supranationaux. Elles sont la bonne conscience de l’Occident. Et elles sont prêtes à violer les lois pour défendre les populations. C’est une véritable doxa humanitaire : les Occidentaux sont sûr de détenir la vérité et d’agir en faveur des opprimés, d’où les multiples dérives (l’Arche de Zoé).
L’exemple de la Colombie est lui aussi particulièrement parlant. Le peuple colombien soutient le président Alvaro Uribe à plus de 80 % (les FARC recueillent 1 % d’opinions favorables). La guerre contre les FARC (organisation terroriste pour l’Union Européenne) est donc largement approuvée. Pourtant, les gouvernements du Nord (excepté les États-Unis) font pressions et appellent Uribe à négocier avec des trafiquants de drogue, des preneurs d’otages, etc. C’est inadmissible ! Le plus triste est que l’Occident ne parle que du cas d’Ingrid Bétancourt, les autres otages sont presque oubliés.
A l’occasion des Jeux olympiques de Pékin, des groupes appellent les États à boycotter la cérémonie d’ouverture. Face à la Chine, le symbolisme a remplacé l’action. Pas question de s’en prendre à ce monstre « éveillé » (fonds souverains). Reporters sans frontières (titre très évocateur), par sa campagne médiatique, à la volonté de dénoncer les évènements au Tibet (région chinoise géostratégique). Et l’Occident est devenu pro-Dalaï Lama.
Le Dalaï Lama, leader spirituel et temporel tibétain, a été prix Nobel de la paix en 1989. C’est le triomphe du cynisme ! Ce héraut de la paix n’est en effet qu’un dictateur. Lorsqu’il était au pouvoir (avec la classe des propriétaires), 95% de la population étaient des serfs féodaux. Les Tibétains n’avaient pas de droit et la violence était courante. Le Tibet du Dalaï-Lama (avant 1959) était donc une théocratie. Les intellectuels à la BHL et les médias devraient y penser.

[...] ; et sa non-action particulièrement marquante ! L’idéologie néo-colonialiste (voir ce précédent billet) et le viol de la souveraineté colombienne ont plus retardé la libération de Bétancourt [...]