Je suis politiquement à droite de l’échiquier, mais je suis très prudent face au néo-libéralisme. Dans ce système globalisé, la France a, certes, le devoir morale de s’insérer au mieux dans l’économie de marché. Néanmoins, il est indispensable de mettre des « gardes-fous1 » au capitalisme, sans tomber dans le marxisme-léninisme. Ces positions sont typiquement françaises : le président Nicolas Sarkozy ne parlait-il pas de « moraliser le capitalisme » ?
Quant-à mes valeurs morales et culturelles, elles sont plus radicales. Je suis en effet réactionnaire. Mai 68 a détruit la morale sociétale. Il n’y a qu’à regarder le niveau de l’Éducation nationale ou les mœurs modernes. La Marseillaise est sifflée, le drapeau Français bafoué. Le taux de divorcialité est extrêmement élevé et les codes moraux volent en éclat. Ce monde est devenu absurde, la « superstructure » définie par Karl Marx a explosé. J’ai l’impression d’être dans un livre de Ionesco.
Le modèle d’intégration a lui échoué : les jeunes des quartiers méprisent l’identité nationale. Depuis trente ans, le sentiment national est d’ailleurs devenu tabous à cause des initiatives frontistes. Bref. Mon idée de la nation est très proche de la conception du Général. A propos de la patrie, Charles de Gaulle déclarait : « S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie.2 » A cette lecture, les politiciens d’aujourd’hui semblent bien misérables.
Philosophiquement, je suis adepte de la vision nihiliste. Friedrich Nietzsche résumait cet état d’esprit très bien lorsqu’il disait que le nihiliste est « un homme qui juge que le monde tel qu’il est ne devrait pas exister, et que le monde tel qu’il devrait être n’existe pas. Donc vivre (agir, souffrir, vouloir, sentir) n’a pas de sens : ce qu’il y a de pathétique dans le nihilisme, c’est de savoir que tout est vain – et ce pathétique est encore une inconséquence chez le nihiliste.3 » Bref. Le monde est absurde et la vie est inutile.
Passéiste, je suis ; je n’aime pas mon époque. J’ai la nostalgie des temps anciens. Des films en noir et blanc. Et je trouve que la musique classique est merveilleuse et que les livres de Maurice Barrès, d’Honoré de Balzac ou de Victor Hugo sont toujours aussi émouvants. D’un point de vue religieux, enfin, je suis athée. J’ai même longtemps été anticlérical avant de comprendre le rôle structurant de l’Église. Certes, la laïcité doit être respectée, mais le religieux à le devoir de moraliser la société, sans retomber dans les travers féodaux.
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1 Daniel Bensaïd.
2 Mémoires de guerre de Charles de Gaulle.
3 Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche.
